
De Tomaso · Restauration complète
Restauration De Tomaso Pantera GT5-S
Arrivée entièrement démontée, sa coque fragilisée par un mauvais stockage puis par un sablage trop agressif, cette Pantera GT5-S de 1989 a été reconstruite à l’atelier : tôlerie de structure, carrosserie, peinture, moteur et remontage complet, dans le respect de la plus radicale des Pantera.
Histoire du modèle
Un dessin italien, un V8 Ford en position centrale arrière : pendant plus de vingt ans, la Pantera a incarné une autre idée de la supercar.
1971
Début de la production de la Pantera
1984
Arrivée de la GT5-S et de ses ailes en acier
1993
Fin de production de la Pantera
Pantera GT5-S : l’aboutissement d’une GT italo-américaine
La Pantera naît d’une alliance peu commune entre Alejandro De Tomaso et Ford. Dessinée chez Ghia par Tom Tjaarda, elle associe une caisse autoporteuse en acier à un V8 Ford monté en position centrale arrière et à une boîte-pont ZF à cinq rapports. Aux États-Unis, elle est vendue par le réseau Lincoln-Mercury : une supercar italienne, mais une mécanique simple, robuste et facile à entretenir.
En 1980, la GT5 adopte des élargisseurs d’ailes en fibre de verre, rivetés et collés sur la carrosserie. La GT5-S, présentée fin 1984, va plus loin : ses ailes élargies d’une seule pièce et son bouclier avant sont en acier, d’où le « S » de son nom. D’après le registre des numéros de châssis, 183 exemplaires au plus ont été construits jusqu’à la fin de 1989.
Fin 1986, la réserve de V8 351 Cleveland venus d’Australie s’épuise : De Tomaso les remplace progressivement par le 351 Windsor, de même cylindrée. Cette voiture de 1989 fait partie de ces derniers exemplaires. Elle est restée dans la même famille depuis 1991 et a très peu roulé au fil des années.

Le projet O-ONE
Reprendre une restauration abandonnée
Une première restauration avait été engagée, puis abandonnée. La Pantera nous est arrivée entièrement démontée : la coque nue sur un plateau, le reste de la voiture réparti dans des cartons. Premier travail : faire l’inventaire de chaque pièce, l’identifier et évaluer son état, avant de décider ce qui serait réparé, refait ou remplacé.
La coque avait particulièrement souffert d’un mauvais stockage, aggravé par un sablage trop agressif. L’objectif fixé avec la famille était clair : respecter l’authenticité de la GT5-S tout en corrigeant les dommages de son histoire récente, et lui rendre la rigidité, la géométrie et le niveau de finition qu’elle doit avoir.
« Une Pantera ne se restaure pas pour la moderniser, mais pour lui redonner une lecture juste, fidèle à son époque. »
Le chantier
La restauration en six actes
Du démontage à la remise en route, les grandes étapes du chantier.

Acte 01
Arrivée et inventaire
La coque arrive nue et sablée, le reste de la voiture en cartons. Chaque pièce est inventoriée, identifiée et photographiée avant toute décision : réparer, refaire ou remplacer.

Acte 02
Structure et soubassement
Les zones affaiblies par la corrosion et le sablage sont découpées et reconstruites en tôle neuve. La géométrie de la coque est contrôlée à chaque étape de la reprise.

Acte 03
Carrosserie et ajustages
Ailes élargies, bouclier et ouvrants sont repris et ajustés jusqu’à retrouver des jeux réguliers et les lignes tendues propres à la GT5-S.

Acte 04
Préparation et peinture
Apprêts, préparation puis mise en peinture en cabine : habitacle et soubassement en noir, carrosserie en rouge.

Acte 05
Moteur reconditionné
Le V8 Ford 351 Windsor est entièrement reconditionné : réalésage, pistons, coussinets et soupapes neufs, rectifications, joints, et un carburateur neuf. Sur une voiture de série, les réglages se font sur route plutôt qu’au banc.

Acte 06
Remontage et mise au point
Trains roulants, faisceaux et équipements retrouvent leur place sur la coque peinte. La carburation et la mise au point s’affinent ensuite sur route, en conditions réelles.
Carnet technique
De Tomaso Pantera GT5-S
Caractéristiques de la GT5-S de série. Puissance et poids sont les valeurs annoncées pour le modèle, non mesurées sur cette voiture.
- Année
- 1989
- Châssis
- Caisse autoporteuse en acier, moteur central arrière
- Carrosserie
- Acier ; ailes élargies et bouclier avant en acier, spécifiques à la GT5-S
- Moteur
- V8 Ford 351 Windsor, 5,8 litres (5 766 cm³), 350 ch annoncés en série ; reconditionné à l’atelier
- Alimentation
- Carburateur quadruple corps
- Boîte de vitesses
- Boîte-pont ZF à 5 rapports
- Suspension
- Double triangulation avant et arrière
- Freinage
- Disques ventilés aux quatre roues
- Roues
- Jantes de 15 pouces ; pneumatiques 285/40 R15 AV et 345/35 R15 AR
- Poids
- 1 474 kg annoncés pour la GT5-S de série
Après l’atelier
Une GT de route, fidèle à l’origine
La Pantera a retrouvé la route. Ni préparée ni modernisée, elle a été rendue à sa configuration d’origine : une GT de collection faite pour rouler, avec le niveau de qualité d’une restauration complète menée pièce par pièce. Ses derniers réglages ont d’ailleurs été faits là où elle est destinée à vivre : sur la route.

Le résultat
Une Pantera rendue à sa cohérence
Au total, 2 200 heures de travail à l’atelier. Cette restauration illustre ce que nous recherchons sur ce type de projet : préserver une automobile emblématique en respectant son ADN mécanique et esthétique, tout en lui rendant la cohérence et la qualité d’exécution qu’elle mérite.
Ce travail demande une connaissance précise des spécificités du modèle, de ses points faibles connus et de ses solutions techniques d’époque. C’est cette méthode qui permet une restauration durable, lisible et valorisante, pour la route comme pour la collection.
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