
Riley & Scott Mk III : un prototype majeur de l’endurance des années 1990
La La restauration Riley & Scott Mk III que nous avons menée dans notre atelier concerne l’un des prototypes d’endurance les plus emblématiques des années 1990. pour répondre au règlement World Sports Car, elle s’est rapidement imposée comme l’un des prototypes les plus performants de son époque. Avec des dizaines de victoires au scratch entre 1995 et 2002, elle figure parmi les voitures les plus titrées de l’ère moderne de l’endurance, capable de rivaliser et de battre régulièrement des références telles que la Ferrari 333 SP.
Le châssis #006 fait partie des exemplaires les plus emblématiques du modèle. Engagé dans les plus grandes épreuves américaines, il est monté sur le podium des 24 Heures de Daytona et des 12 Heures de Sebring, et a démontré sa compétitivité aussi bien sur les circuits rapides que sur les tracés les plus exigeants. Ce palmarès fait de cette Riley & Scott Mk III un véritable témoin de l’âge d’or des prototypes WSC et LMP de la fin du XXe siècle.
Après sa carrière internationale, cette Riley & Scott Mk III a poursuivi son parcours en compétitions historiques, notamment au sein des plateaux Peter Auto, Endurance Racing Legends et Masters Historic Racing. Exploitée intensivement pendant de nombreuses saisons, la voiture présentait cependant les marques d’un long vécu en course : carrosserie alourdie par des réparations successives, éléments mécaniques fatigués et cohérence technique altérée par des interventions ponctuelles.
C’est dans ce contexte qu’une restauration complète a été décidée, avec pour objectif de redonner au prototype une base saine, fiable et homogène, tout en respectant son identité technique et son histoire sportive.
Restauration complète O-ONE : remise à nu, contrôle structurel et reconstruction méthodique
La voiture est arrivée dans nos ateliers avec une carrosserie très fatiguée et sensiblement alourdie par des réparations successives (accrochages, reprises, repeintures, renforts). Avec le propriétaire, le choix a été fait de repartir d’une base saine : démontage intégral jusqu’au châssis, inventaire complet, mise sur étagère des sous-ensembles, puis restauration pièce par pièce selon une logique de traçabilité et d’exploitation.
Châssis : marbre, décapage, contrôles et reprises
Le châssis multitubulaire acier, associé à des panneaux carbone collés à la colle structurelle, a été contrôlé sur marbre afin de valider la géométrie et l’intégrité des points d’ancrage. Après décapage complet, les zones sensibles ont été inspectées, certaines soudures reprises, et des supports/platines de fixation de triangles renforcés ou remplacés lorsque nécessaire. Les interventions ont été réalisées avec une exigence de qualité compatible avec un retour en course, notamment via des reprises de soudure TIG là où cela s’imposait. Le châssis a ensuite été remis en peinture dans sa teinte d’origine.
Trains roulants : restauration, crack test et remise à neuf des organes critiques
Les trains roulants ont été entièrement restaurés : triangles, porte-moyeux, barres de poussée, rotules et roulements. Un crack test complet a été mené sur l’ensemble des éléments sensibles (suspensions, porte-moyeux et pièces critiques) afin de garantir l’absence de fissures et de défauts structurels. Les amortisseurs ont été révisés, et l’ensemble a été remonté avec une attention particulière portée aux jeux, aux alignements et à la cohérence globale de la cinématique.
Moteur : réfection haut moteur et remise en cohérence
Le groupe motopropulseur a fait l’objet d’une intervention ciblée et rigoureuse. Le haut moteur a été démonté, les soupapes remplacées, les sièges repris pour retrouver une étanchéité parfaite, et les ressorts changés. L’admission a été remontée, la distribution recalée, puis l’ensemble revalidé dans une logique de fiabilisation et de fonctionnement durable en roulage.
Réservoir, circuits carburant et freinage : sécurité et conformité
Avant repose du moteur, le réservoir a été remplacé par un élément neuf, avec une extension de capacité pour améliorer l’autonomie. Le réservoir est certifié FT3 FIA pour une durée de cinq ans. Une protection carbone a été réalisée dans l’habitacle pour sécuriser la zone (protection et masquage). Le circuit carburant a été entièrement refait, tout comme le circuit de freinage, afin de garantir un niveau de sécurité compatible avec une exploitation en compétition historique.
Électricité, acquisition de données et sécurité moteur : MoTeC dernière génération
Une grande partie du faisceau a été reprise, et la voiture a été équipée d’un dash MoTeC de dernière génération, configuré avec des stratégies de sécurité moteur et des alertes basées sur la pression et la température (huile, eau, carburant), ainsi que la température d’huile de boîte de vitesses. L’objectif est double : préserver le moteur et donner au pilote une lecture claire et exploitable en séance, essai ou course.
Carrosserie : reconstruction, symétries, géométrie et remise en livrée
La carrosserie a représenté une part majeure du projet. Le capot avant a été entièrement reconstruit à partir d’une maquette visant à retrouver les bonnes symétries et la géométrie correcte, puis moulé afin de produire une pièce carbone propre, rigide et conforme à l’esprit d’origine. Le capot arrière et la zone de boîte à air ont été réalignés, et les jeux entre pontons et éléments de carrosserie repris avec précision. L’ensemble a été repeint dans la livrée d’époque telle que la voiture courait aux États-Unis, avec une qualité de finition visant à retrouver une présence visuelle cohérente et “juste”.
Mise au point : géométrie, réglages et validation au banc
Après remontage, la voiture a bénéficié d’un travail complet de mise au point : réglages de suspension, hauteurs de caisse, poids aux roues, géométrie. La Riley & Scott Mk III a ensuite été installée sur banc de puissance pour un rodage et une validation, avec contrôle et calibration de l’ECU MoTeC. À ce stade, la voiture n’a pas encore repris la piste hors banc : la logique a été de livrer une base techniquement saine et parfaitement cohérente avant tout roulage intensif.
Fiche technique – Riley & Scott Mk III (données d’époque)
- Châssis : multitubulaire acier avec panneaux carbone collés structurellement
- Moteur : V8 Chevrolet 7 Litres
- Injection : électronique (gestion MoTeC)
- Boîte de vitesses : transaxle 5 rapports avec différentiel réglable
- Suspension : double triangulation avant et arrière, push-rods
- Freinage : disques ventilés Ø 14″, étriers Alcon 6 pistons
- Roues : BBS 3 pièces – 12″x17″ (AV) / 14,5″x17″ (AR)
- Réservoir : FT3 FIA – capacité 80 litres, certifié 5 ans
- Poids : env. 860 kg
Éligibilité et présentation : Le Mans Classic Plateau 8 (Peter Auto)
Grâce à ses caractéristiques et à son positionnement historique, cette Riley & Scott Mk III est éligible aux grands plateaux de compétition historique dédiés aux prototypes des années 1990, dont le nouveau Plateau 8 annoncé par Peter Auto au Le Mans Classic. La voiture a notamment été présentée au Salon Rétromobile 2026 sur le stand Peter Auto, afin de mettre en avant ce plateau et l’arrivée de ces prototypes dans le programme.
Une voiture aujourd’hui proposée à la vente
À l’issue de cette restauration complète réalisée dans nos ateliers, cette Riley & Scott Mk III est désormais proposée à la vente par notre confrère, spécialiste reconnu des véhicules historiques de compétition, Ascott Collection. La voiture y est présentée avec son historique, sa configuration et la documentation associée.
→ Voir la Riley & Scott Mk III sur le site Ascott Collection
Cette restauration Riley & Scott Mk III illustre l’approche globale d’O-ONE dans la remise à niveau complète des prototypes d’endurance historiques, tant sur le plan technique que sportif.























































